École coranique vs école française
- 28. Nov. 2020
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Le sociologue Lewis Coser définit le conflit social comme une lutte pour des revendications de valeurs ou de statut, pour le pouvoir et des ressources rares, dans lesquelles les objectifs des partis en litige se réfèrent non seulement à la réalisation de valeurs, mais également à la neutralisation, à la violation ou à l'élimination de leurs rivaux.
Dans cette définition, on peut saisir différents niveaux d´un conflit social. Il peut s’agir de différences de structures, d’identification ou de valeurs. Mais aussi chaque parti essaye de préserver ses valeurs et idées.
L´école Française & l´école coranique nous forment et nous donnent une éducation avec des valeurs de sociétés, religieuses, morales etc. Elles nous façonnent et nous permettent de voir le monde et de l´interpréter. Mais il faut noter que ces deux systèmes sont différents. Ils ont différents modèles d´enseignement mais surtout différentes valeurs à véhiculer. Cela se voit notamment dans l´actuel débat : nous sommes polarisés.
La plupart d´entre nous, qui ont fait l´école française, sommes même choqués qu´un débat puisse se poser sur la normalité ou pas d´enchainer des enfants. Mais pour d´autres, qui la plupart sont issus des écoles coraniques (pas tous) c´est un acte très normal, car l´enfant doit être corrigé par tous les moyens, si on ne veut pas qu´il finisse mal.
Pour dire que notre façon de penser et nos mentalités dépendent totalement du système qui nous a forger. Etant donné que nos modèles acquis de comportements diffèrent, nos différentes valeurs ou visions s´affrontent dans certains cas de figures. On voit non seulement plus les choses de la même manière, mais on est persuadé que l´autre (l´autre groupe) a tort.
Mais attention !!! Un peuple qui aspire au développement doit d´abord veiller à la cohésion sociale car ces conflits créent des identités de groupe et des frontières structurelles apparaissent entre les groupes. Aujourd´hui la plupart écoles coraniques (les gens qui l´incarnent) voient les autres (le gouvernement surtout) comme des groupes externes, qui veulent à tout prix faire disparaitre leur existence. Cela renforce la cohésion interne de leur groupe d´un côté, car si les valeurs communes et la structure du groupe sont clairement menacées, cela peut conduire à la cohésion du groupe (tous les Serignes Daaras étaient réunis hier au tribunal pour apporter leur soutien) ; mais d´un autre coté la disparité augmente avec les autres, qui n´ont pas la même vision.
Mais ce qui rend la situation alarmante, c´est quand le conflit atteint les plus grandes instances. : aujourd´hui l´école coranique a ses cotes les Khalifs généraux, et l´école française une institution qu´est la justice. Ce qui rend le conflit encore beaucoup plus complexe. C´est clair qu´on est dans une république, mais ça serait naïf de négliger l´impact que peuvent avoir les khalifs sur le pays et son fonctionnement. Mais c´est aussi l´Etat avec ses appareils qui a le monopole de la violence légitime, dont tout le monde doit se soumettre.
Ce qui s´est passé hier au tribunal de Louga, nous montre clairement que tout le monde ne s´identifie pas à cette justice, a ce système. La seule question que je me pose : jusque ou ça peut aller ?
*Par école française je fais référence au système tout entier avec l´Etat et ses appareils
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